[nocif, nocive] adjectif (du latin nocivus, de nocere, nuire) : Qui est de nature à nuire à l’organisme (des émanations nocives) ; Qui est dangereux, pernicieux, funeste (des théories nocives). (Larousse en ligne)

D’injonctions paradoxales en sautes d’humeur, ils se permettent de rudoyer leurs collaborateurs, leurs partenaires, leurs fournisseurs, de mal leur parler, de les traiter de tous les noms, de leur signifier « qu’ils n’ont rien compris » ou « qu’ils sont nuls ».

Ils expédient des e-mails comminatoires dispensés en leur début comme en leur fin de tout signe de courtoisie et de toute formule de politesse. Ils se gardent bien de répondre à ceux que leur adressent leurs subalternes, sauf lorsque l’occasion leur est donnée de mettre la Terre entière en copie pour mieux les humilier par une réponse cinglante.

Ils prospèrent en paix dans des environnements impuissants à identifier et à recadrer leurs comportements incivils, déviants, générateurs de de stress et de souffrance au travail. Ils excellent dans la maîtrise et dans l’application des techniques de management pathogènes si justement décrites par le Dr Marie Pezé sur son site http://www.souffrance-et-travail.com/infos-utiles/questions-importantes/techniques-management-pathogenes/

Avec eux, rien n’est jamais bien, ils ne sont jamais contents, ils en demandent toujours plus, ils n’expriment jamais de satisfaction. Inaptes à valoriser leurs collaborateurs, à reconnaître leurs efforts, leurs progrès, leurs résultats, ils sont aussi incapables de se tenir aux règles qu’ils ont fixées, d’assumer leurs propres erreurs et vont toujours chercher à en rejeter la responsabilité sur un tiers.

Tyrans d’opérettes, forts avec les faibles, faibles avec les forts, ils s’effacent dès qu’apparaît un plus gradé ou un plus âgé qu’eux, les seuls avec qui ils acceptent de traiter « d’égal à égal » à leur yeux.

Personnalités douées ou non d’intelligence, mais trop souvent aigries, nerveuses, colériques, atrabilaires, désagréables, ils répandent le doute, l’angoisse, l’inconfort et le mal-être au travail. Au fond d’eux même ils sont sûrement malheureux, ou inquiets, mais nous ne sommes pas là pour nous apitoyer sur leur sort.

Sous l’emprise de la terreur, leurs équipes courbent l’échine, craignent pour leur emploi, s’attellent bravement aux tâches qui leurs sont confiées et parfois atteignent de bons résultats, mais rarement durables.

Ils sont affublés de sobriquets peu flatteurs « le pittbull », « la mégère », qu’ils sont les seuls dans leur entourage à ignorer, ils sont craints sans être pour autant respectés.

Ils s’estiment supérieurs, intouchables de par le statut qui leur a été conféré ou le prestige qu’ils ont su fabriquer aux yeux de leur hiérarchie.

Par cécité ou par lâcheté, les deux parfois, leurs managers, leurs DRH les laissent sévir tant qu’une forme de performance est là ou que l’irréparable n’est pas atteint. Ils ont pu faire ça et là l’objet d’un « signalement RPS » malheureusement resté sans suite ou dont on se souviendra trop tard. Tout le monde est au courant, personne ne dit rien, personne n’agit. Jusqu’au jour où…

Destructeurs, manipulateurs, pervers-narcissiques pour certains, ils sont la cause directe de nombreux burnout, dépressions ou suicides.

Ce sont les managers toxiques, les managers nocifs. Au final, ils coûtent extrêmement cher à leur entreprise et au budget de leur nation.

Comment peut-on encore tolérer, au 21° siècle, que de telles personnalités continuent à sévir, à générer et à propager cette souffrance ?

La référence fréquente au triangle de Karpman (Persécuteur/victime/sauveur) peut expliquer que des situations inacceptables en toute objectivité jouissent d’une certaine stabilité et perdurent quelque temps, mais cela ne saurait ni les excuser ni nous dispenser de lutter contre de tels abus et de chercher à y mettre un terme définitif.

Comment mettre hors d’état de nuire les managers nocifs ?

Lors des heures les plus sombres de son histoire, le peuple français a su réagir et se mettre à risque pour combattre et vaincre un ennemi bien plus terrible que les managers nocifs.

La pédophilie et le harcèlement (moral ou sexuel) sont des crimes reconnus et les situations inadmissibles, insoutenables, sont dénoncées sur la place publique, médiatisées et sanctionnées par la justice, mais souvent très tard et au prix d’efforts colossaux.

Les comportements nocifs évoqués ici ne relèvent pas tous (encore ?) d’un tel degré de gravité judiciaire, alors pour les contrer voire pour les éradiquer, il s’agit pour chacun de s’armer de prudence, de courage et de détermination.

De prudence en premier, pour ne pas mettre en péril qui son emploi, qui son contrat. Donc il faudra passer à l’action selon leurs codes, en douce, en catimini, par derrière.

De courage ensuite, par exemple :

  1. En mandatant pour une « dernière chance » un tiers neutre qui fera prendre conscience au manager nocif que son comportement est inadmissible, qu’on ne vient pas au travail pour y souffrir ou pour s’y faire insulter, « qu’on ne se parle pas ainsi entre gens civilisés », et que les paroles ou agissements reprochés doivent cesser.
  2. En notant les faits, les comportements hors-jeu, en collectant des témoignages, des preuves, en effectuant des enregistrements sonores ou vidéo, voire en organisant avec un collègue allié une retransmission « en direct » via un simple appel. C’est à la portée de tout le monde, il suffit d’utiliser discrètement son smartphone durant une réunion ou une conversation téléphonique.
  3. En portant ces éléments tangibles à la connaissance de la hiérarchie, de la Direction des RH, des partenaires sociaux, de la médecine du travail, de l’inspection du travail, de la presse au besoin, voire en déposant plainte.

De détermination enfin:

“Whether you think you can, or you think you can’t : you’re right.”, disait Henry Ford.

Face aux managers nocifs, soyez déterminés à dénoncer « l’infâme », pour paraphraser Voltaire. Sachez et dites-vous bien que vous agissez dans votre bon droit, en toute légitimité, que c’est vous « l’intouchable ». Et si nécessaire, passez en mode « Tontons Flingueurs ».

“Mais moi, les dingues, je les soigne. Je vais lui faire une ordonnance, et une sévère… Je vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu’on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi, quand on m’en fait trop, je correctionne plus : j’dynamite, j’disperse, j’ventile !”

Mais restons civilisés, et contentons nous de les ventiler… vers la sortie, vers un thérapeute ou vers Pôle-Emploi.

Votre vie professionnelle et celle de votre entourage s’en trouveront changées, votre environnement vous en sera reconnaissant, vos collègues, clients et fournisseurs vous en remercieront.

Nous sommes à votre disposition pour une première écoute de votre situation ou d’une situation de votre entourage inadmissible à vos yeux, en toute confidentialité, gratuitement et sans autre engagement. N’hésitez pas à nous solliciter et à nous en parler.